L’art de l’audiovisuel à la Tate Gallery avec Dan Crompton de la Tate

" J'ai toujours été impliqué en coulisse. J'aime me cacher dans un recoin, puis faire beaucoup de bruit au moment approprié… "

Le directeur des services audiovisuels (AV) de la Tate, Dan Crompton, revient sur une carrière qui a connu de multiples péripéties avant de le mener dans l'une des plus grandes institutions culturelles du monde.

Il dirige aujourd'hui une équipe audiovisuelle et travaille sur toutes sortes de projets, de l'exposition de grande envergure à une conférence audio. Cela semble constituer une progression normale après avoir grandi " entouré de magnétophones, de projecteurs et de câbles ". Avec son père, Dennis Crompton, membre fondateur d'Archigram et du collectif audiovisuel d'avant-garde Light/Sound workshop basé à Londres au Hornsey College of Art dans les années 60, son avenir était presque tout tracé.

Les chemins de l'audiovisuel 

La carrière musicale de Dan a commencé après qu'il soit tombé amoureux du trombone, puis s'est poursuivie en tant qu'ingénieur du son pour un groupe de musique live (" à se charger de leur son depuis l'arrière d'un Ford Transit ") au moment où le punk se mêlait à la new wave Il perfectionne ensuite sa formation sans passer par l'université, en travaillant comme technicien audiovisuel dans un établissement d'enseignement supérieur du centre de Londres. 

" J'ai installé des projecteurs, de la sonorisation, il y avait un studio vidéo, j'étais assistant dans l'équipe qui s'occupait des sessions d'enregistrement en studio ", explique Dan. 

Son CV éclectique comprend l'enseignement de la musique au sein d'une organisation de sensibilisation aux arts à Camden et une tournée comme membre de la section des cuivres pour le légendaire groupe de Brit-pop Dodgy. Ses responsabilités familiales l'ont finalement amené à réorienter légèrement sa carrière. 

" À l'arrivée de deux bébés, il était temps de trouver un "vrai" travail. Je le cherche encore, donc entre-temps, je me suis lancé dans l'audiovisuel ", dit-il en riant. 

" J'avais l'impression d'avoir fait le tour de la musique en professionnel et je ne voulais pas retourner dans une camionnette et partir en tournée ", poursuit-il. " L'audio est au cœur de ce que je suis et de ce que je fais, mais j'aime aussi les images animées. J'ai toujours eu une vision d'ensemble du son, littéralement. J'ai donc utilisé mes contacts dans le secteur pour trouver un emploi dans l'audiovisuel. "

Après plusieurs années comme indépendant et des postes dans diverses institutions académiques, Dan a entendu parler d'un poste vacant à la Tate et l'a obtenu. Ce qui l'attirait était une envie de travailler sur des projets positifs, susceptibles de vraiment changer les choses. 

" J'ai toujours voulu être impliqué dans un travail créatif. " Les arts communautaires ont été la partie la plus significative de ma carrière. J'y crois fermement, et c'est une grande partie de ce que nous faisons à la Tate. Toute ma carrière, j'ai été un technicien au service de collègues créatifs, artistes ou musiciens. Mais tout cela fait partie d'un même concept : travailler sur des contenus apportant des bienfaits sociétaux et émotionnels à leur public. "

Le monde de la Tate

Avant son poste actuel, le parcours audiovisuel de Dan l'a mené au Commonwealth Institute, puis au Design Museum de Kensington, à la Brunel University et à la London Business School, et il trouve une continuité entre tous ces postes. 

" La technologie peut changer très rapidement, en particulier à la Tate. Mais une partie du défi et du plaisir de travailler dans ce domaine réside dans le fait qu'il y a toujours quelque chose de nouveau à comprendre et à explorer ", déclare-t-il. Et bien que ces environnements de travail semblent très différents, les défis aussi bien que les méthodes qu'il utilise pour passer de A à B restent les mêmes. 

" Quelles que soient les institutions, on travaille avec des microphones, des processeurs et des enceintes. On travaille avec une source, un processeur, généralement numérique aujourd'hui, et un périphérique de sortie comme un projecteur ou un écran. C'est en ces termes que je pense. Quel que soit le secteur, quelle que soit la stratégie choisie, ces éléments du travail se retrouvent dans tout ce que j'ai fait. "

Collaboration

La collaboration est au cœur des préoccupations de Dan à la Tate, qu'il s'agisse des différents départements, de son équipe, d'un artiste ou d'un curateur. Si l'aspect créatif relève du domaine de ce dernier, la responsabilité des détails d'une exposition incombe à Dan et à son équipe : leurs connaissances et leur savoir-faire peuvent contribuer à améliorer l'expression artistique. 

" Les curateurs et les artistes ont une vision à exprimer et, si notre expérience est appropriée, nous pouvons apporter une contribution à un projet ", déclare Dan. " Par exemple, la façon dont fonctionne un ensemble d'enceintes ou un projecteur peut apporter quelque chose au résultat final. Nous prenons les idées des gens et nous les aidons à les exprimer du mieux possible. "

L'extrême limite

Donc, si le rôle du technicien audiovisuel est d'aider un artiste à développer sa vision, à quoi ressemblent ces relations de travail ? Bien que la forme d'un projet puisse varier considérablement, de même que les connaissances techniques d'un artiste, l'approche pour réussir est généralement la même. 

" Vous devez discuter avec tous les participants. Comme quand on est l'ingénieur du son d'un groupe, tout est une question de collaboration et de conversation ", explique Dan. " Les créateurs ont une idée claire des aspects artistiques, et nous avons une idée claire de la logistique. Les deux parties doivent pouvoir s'adapter, de sorte que le dialogue prend généralement la forme d'une conversation entre personnes se respectant suffisamment pour s'écouter et adopter des méthodes alternatives. " 

Plus une exposition ou un accrochage est " étrange ", plus Dan et son équipe ont besoin de faire preuve de créativité dans le domaine audiovisuel. En même temps, il pense qu'il faut poser des limites pour rester fidèle à l'art. 

" Nous sommes parfois confrontés à quelque chose d'impossible, comme explorer le concept du son créé par un objet inanimé et silencieux, une chaussure par exemple. Mais on se dit que " c'est ça le show business ", nous creusons donc cette idée pour voir si nous pouvons simuler ce son. Nous devons veiller à ne pas aller trop loin et à ne pas nous moquer de notre public en négligeant l'aspect authentique. "

La technologie derrière l'audio doit également rester invisible pour ne pas nuire à la puissance de l'exposition. " Dans cet exemple, tout ce que vous voulez que le public perçoive, c'est l'acoustique de la chaussure ", poursuit Dan. " Mais si on fait percevoir l'ingéniosité de la solution technologique, alors on n'est plus authentique. Nous nous efforçons d'aider les artistes du mieux que nous pouvons, en proposant des solutions qu'ils n'auraient peut-être jamais envisagées, mais qui conviennent également et ne nuisent pas à l'œuvre elle-même. "

À contre-emploi 

Travailler dans un endroit comme la Tate signifie qu'une partie du travail effectué par Dan et son équipe implique de faire des choses absolument contraires aux méthodes de travail traditionnelles. 

" Les performances d'un microphone à effet de surface et d'un microphone de studio sont totalement différentes, car les deux remplissent des fonctions différentes ", explique Dan. " Le plaisir de travailler dans un endroit comme celui-ci, c'est qu'on peut se dire "Pourquoi ne pas utiliser les outils à contre-emploi, hors contexte, et voir ce qui se passe" ", dit-il. 

" C'est ainsi que nous explorons les limites de la technologie audiovisuelle et c'est vraiment passionnant. C'est cette exploration que j'aime vraiment. Nous avons aussi beaucoup de configurations standardisées, comme la préparation de présentations, par exemple. Dans le Turbine Hall, ce n'est pas amusant tous les jours, mais il est assez courant de travailler sur des projets passionnants. " 

Les autres aspects du travail de l'équipe audiovisuelle incluent des conseils sur la manière d'améliorer le parcours du visiteur et la collaboration avec les fournisseurs externes pour faire en sorte que la technologie utilisée soit la meilleure disponible. " Nous avons installé quelques systèmes de réalité virtuelle et les fournisseurs nous ont aidés à en tirer le meilleur parti. Cette collaboration bénéficie de l'apport de notre expérience dans l'application de la technologie dans un lieu d'exposition. Travailler avec la réalité virtuelle de cette façon est très différent de ce que fait le grand public. On peut évidemment en profiter chez soi, mais le faire par intervalles de 10 minutes avec neuf utilisateurs, et ce 8 heures par jour, est une chose entièrement différente. " 

Facilitateurs de technologies 

L'équipe audiovisuelle de la Tate possède une grande expertise en matière de technologie et Dan souhaite que les artistes utilisent les systèmes et les services de la manière qui leur convient le mieux. 

" Il existe des paramètres par défaut, mais lors d'un événement, les organisateurs ou l'artiste peuvent vouloir l'utiliser d'une façon totalement différente. Ainsi, les caractéristiques des enceintes peuvent se configurer de différentes manières ", déclare Dan.

" Nous pouvons revenir aux performances par défaut, mais je veux que le technicien accueilli puisse modifier le son comme il le souhaite, tant qu'il ne fait pas exploser notre système et ne fait de mal à personne. Il peut sauvegarder les réglages afin de revenir dessus la semaine suivante. " Cette méthode de travail collaborative va au-delà des grandes expositions et peut s'utiliser lors de conférences ou de débats pendant divers événements à la Tate. 

Dan poursuit : " J'aime cette individualisation, en particulier à notre époque. En audiovisuel, il existe des standards de conformité, ce qui est une bonne chose car cela signifie que vous savez où vous en êtes. Mais il est également important que les gens puissent personnaliser leur utilisation de la technologie de la même manière qu'elles personnalisent leurs parcours sur Twitter, Facebook ou YouTube. " 

Avec des expositions comme Olafur Eliasson et l'artiste performeuse Pan Daijing à la Tate Modern, Dan a de quoi faire plaisir au niveau de l'audio. Mais pour lui, c'est plus qu'un simple travail. Il s'agit d'une obsession pour le son qui remonte à ses jeunes années. 

" J'adore ça, mais c'est presque une blague dans mon équipe. J'ai pris deux semaines de congé de la Tate pour aller au Michigan, aux États-Unis, et travailler à l'installation d'audio et de vidéo dans une exposition là-bas. C'est une passion… "

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